
Peu de villes eurent autant à souffrir que Pernes des guerres qui ensanglantèrent l’Artois. Elle fut pillée et ruinée en partie par les Anglais en 1369, perdant biens et Chartes. Seul, le château resta debout.
Progressivement, la Ville retrouva officiellement ses us et coutumes, libertés et obligations, le tout reproduit et ratifié par Philippe de Ligny, Comte de Saint-Pol, en 1422.
Pernes servait avec dévouement le roi de France et Jean de Pernes, écuyer, prit part dans l’armée de son souverain à la bataille d’Azincourt (1415).
Plus tard, deux accidents causèrent d’importants dégâts le 13 mars 1459, un incendie monstre détruisit les 3/4 des habitations et le 23 novembre de la même année la foudre abattit le clocher de l’Eglise, causant la mort de trois personnes.
Fin mars 1537, François 1er campa à Pernes dont il fit le centre de ses opérations assiégeant Saint Venant, pillant Lillers et fortifiant Saint-Pol. Il y conçut le projet d’y faire construire une forteresse pour tenir sûr et libre le chemin de Thérouanne à Lillers. Projet non exécuté. Il y resta jusqu’au 3 mai pour se rendre à La Comté.
En 1553, après le siège de Thérouanne, les Espagnols s’emparèrent de la Ville, y causant d’importants dommages. Plusieurs fois prise et reprise, toujours dévastée, elle offrait un bien triste aspect, puisqu’en 1597, maîtres de Saint-Pol qu’ils pressuraient de toutes les façons, les Espagnols exilaient à Pernes tous ceux qui relevaient la tête sous leur oppression.
Autre incendie en juillet 1636 : un faubourg, dix maisons de la Ville, le bois d’un des pont-levis et la porte contiguë furent consumés.
1638. Guerre entre la France de Louis XIII et l’Espagne. L’armée française campa près de Pernes dont les habitants abandonnèrent le château avec précipitation. Le 24 mai, le maréchal de Gassion assiégea Pernes et s’en rendit maître.
En 1724 éclata un incendie qui réduisit en cendre, l’hôtel commun et presque toute la ville. Suite à ce sinistre et à d’autres – moins graves – survenus peu après, on exigea qu’à l’avenir toutes les maisons fussent couvertes en tuiles.
La Grande Révolution eut à Pernes le succès plus ou moins réfléchi d’une idée nouvelle. Les Officiers municipaux décidèrent par délibération du 17 juillet 1790 qu’un autel de la Patrie serait érigé sur la Place publique. Mais le reste de la population conservait ses opinions royalistes.
La mort du roi Louis XVI et l’expulsion des prêtres furent durement ressenties. Les esprits s’échauffèrent pour aboutir à une insurrection connue sous le nom de « Petite Vendée ». Lebon vint à Pernes à la suite de ces événements réprimés dans le sang. 17 hommes et 6 femmes de condition modeste furent exécutés, une trentaine d’autres restèrent en prison même après thermidor.
L’épopée napoléonienne n’eut semble-t-il que peu de répercussions sur la vie quotidienne des pernois hormis les levées de plus en plus fréquentes de contingents d’hommes pour les armées du caporal-empereur. La conscription ne souleva guère d’enthousiasme patriotique. A la chute de l’Empire, en 1814, Pernes dut subir l’occupation des coalisés. On raconte que le Percepteur de l’époque eut fort à faire pour soustraire sa caisse aux appétits des cosaques !
Le coup de tonnerre du 3 août 1914 surpris Pernes en pleine prospérité. Y avaient contribué le développement de l’industrialisation et des moyens de communication. Le front se trouvait à quelque vingt kilomètres en direction de Béthune. Pernes devint un centre important de ravitaillement des armées et une aire de repos pour les combattants, la plupart alliés, qui se succédèrent pendant ces années terribles. Lors de l’offensive allemande du printemps 1918, un hôpital de campagne britannique fut installé dans les prés à la sortie de Pernes en direction de Sachin. Nous pouvons voir maintenant en face un vaste cimetière où reposent quelque 1078 soldats du Commonwealth.
Guerre 39 – 45 : le bombardement du mardi 21 mai 1940 à 18h30 par les sinistres « Stukas » avaient fait une dizaine de victimes tant pernoises qu’étrangères et causé d’importantes destructions. La population locale grossie du flot des réfugiés dépassait alors 8000 personnes. La libération de Pernes intervint le dimanche 3 septembre 1944, à 21h40, par l’arrivée des premiers chars britanniques venus de Saint-Pol.
A noter aussi que le premier Président de la Vème République, le Général Charles de Gaulle, en visite officielle dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais s’arrêta quelques instants à Pernes, le jeudi 24 septembre 1959 où il fut salué par les Autorités locales.

Cimetière Britannique
Nous ne sommes pas disponibles pour le moment. Laissez-nous un message, nous vous répondrons dès que possible.