
D’où vient ce nom ? Perna, Perniacium, Oppidum Pernense, Perniacense ou (bâti sur la) pierre ? à moins que Pernes (filer), enare (traverser à la nage), pern (petite meule de foin), spinetus (épine) ? !!! Pas si commode.
MALBRANCQ voit dans la Ville un oppidum gaulois qui devint ensuite un bourg romain. Mais, à défaut de tout fait historique précis antérieur à l’an 800, il faut nous borner à constater l’existence de Pernes en 823 où elle dépendait de la riche abbaye de Saint-Riquier dont les moines l’échangèrent à cette époque contre un autre domaine.
Quelques auteurs citent la destruction de Pernes en 881 par les hardis aventuriers qu’étaient les Normands.
En raison des invasions, les constructions défensives se multiplièrent et devinrent peu à peu de véritables forteresses. Le seigneur du lieu édifia son château-fort sur une butte au milieu d’un site marécageux alimenté par de nombreuses sources.
A cette époque, des marchands forains venaient à jour fixe offrir leurs marchandises au voisinage du château, sous la protection du seigneur. Progressivement, ils s’établirent à proximité. Ce fut l’origine de la cité, comme d’ailleurs celle de la plupart de nos villes.
Au XIIème siècle, quand l’Artois se sépara de la Flandre et forma des état distincts qui se réunirent à ARRAS, PERNES eut l’honneur de figurer parmi les neuf villes qui obtinrent le privilège d’envoyer un député aux Etats d’Artois pour y former le Tiers-Etat. Au même siècle, Pernes devint l’une des sept châtellenies du Comté de Saint-Pol et il y avait un échevinage dès 1290. Les franchises de la Ville remontaient-elles aussi au XIème siècle ainsi que ses habitants se plaisaient à le souligner ? On peut le supposer
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TURPIN dit que Pernes était assez bien peuplée, tant de marchands que d’ouvriers et « gens de pratique ».
Il y avait un marché chaque semaine, le samedi. Il s’y tenait en outre deux foires par an : l’une à la Saint Nicolas, le 9 mai ; l’autre à la Saint Luc le 18 octobre. Il s’y vendait une grande quantité de bestiaux et surtout des moutons.
Il se faisait en outre, journellement, un petit commerce en draps, « sayettes » et fils pour faire des satins, et un autre, plus considérable – d’une espèce de petites étoffes qu’on appelait « rotures ». Elles étaient employées à des doublures et ciels de lit.
La Charte de 1383 stipulait que « si quelqu’un veut, en ladite Ville, fabriquer draperie, il doit faire le serment accoutumé devant les échevins et soumettre ses produits à leur agrément ».
Nous trouvons, en 1662, des lettres patentes du roi qui confirment l’exercice des deux foires franches de mai et d’octobre. Elles établissent en outre un franc-marché chaque troisième mercredi du mois.
Très tôt ; les bourgeois de Pernes se constituèrent en Commune, sans doute au XIIème siècle. Ils possédaient beffroi et blason.
Au renouvellement de leur « loye », tous les ans à la Saint Jean-Baptiste, le mayeur et les quatre échevins prêtaient serment sur l’Evangile, jurant de bien garder les intérêts de la Ville « des femmes veuves, enfants, orphelins et de rendre justice à chacun ».
Les bourgeois eurent souvent à défendre leurs droits. Tout le XVIIIème siècle jusqu’à la Révolution les vit en conflit avec les seigneurs.
Les commerces sédentaires et forains connurent un développement extraordinaire dans le dernier quart du 19ème siècle jusqu’en 1914, puis reprirent après 1918. PERNES le devait à sa situation géographique exceptionnelle : sa position au carrefour de deux grands pôles d’activités : d’un côté, le Ternois avec son agriculture florissante, son important cheptel bovin et, de l’autre le vaste bassin minier, employeur d’une très nombreuse main d’œuvre, grosse consommatrice des produits de la terre.
Après la libération de 1944, la situation évolua rapidement dans un sens défavorable. Les marchés perdirent leur impact. Les ressources de l’Ouest du bassin minier s’épuisaient avec pour conséquence le déplacement vers l’Est de nombreuses familles ; la concurrence des marchés dans les villes voisines à forte population (Auchel, Calonne-Ricouart). A cela, il faut ajouter l’évolution dans la façon de concevoir les transactions dans le mode agricole d’après-guerre. Aujourd’hui, le marché hebdomadaire parait bien pâle à côté de ce qu’il était auparavant. Il n’y a plus qu’une foire par an, celle de mai dotée d’un concours d’animaux. Les temps ont changé. C’est une évolution contre laquelle il a été bien difficile de lutter.
